Yoël Jimenez

Rue des Promenades selon Yoël Jimenez

Né dans un pays de café et de tabac, Yoël ne pouvait que devenir artiste. Très jeune, il intègre les beaux arts et très vite, caresse le succès dans le sens du poil jusqu’au jour où il croise l’amour. Parce qu’il est poète avant tout (même s’il ne le dit pas vraiment), il quitte son pays pour le suivre et, de péripétie en péripétie, il atterrit à Toulouse. Les jongleurs, les papillons, les auteurs, les gens en général l’aiment très vite, sans doute à cause de cette façon étrange avec laquelle il s’empare d’une idée (ou peut être aussi parce qu’il chante tout le temps). Voir Yoël jouer avec un mot est une expérience hors du commun. Tout à coup, son regard s’éclaire d’une lueur un peu verte et il devient aussi impitoyable qu’un chat face à une boule de papier. Il la fait sauter en l’air, la récupère pour la retourner, la bouscule, la mâchouille et la passe au filtre de son regard où le fantastique et la réalité s’épousent pour s’enrichir l’un et l’autre. à l’arrivée, elle se trouve prise dans une oeuvre d’où l’humour, parfois fin, parfois acide, n’est jamais exclu, où la subtilité de son univers s’exprime en couleurs humbles, en noirs profonds et en images accessibles pour mieux aider à en saisir toutes les nuances. Parce que son monde graphique prend aussi ses sources quelque part dans la littérature entre Cortazar et Marques, entre Neruda et Borgès, parce qu’il s’inscrit entre deux cultures pour mieux nous charmer, à force d’être à la croisée des chemins et malgré son air familier, le travail de Yoël ne ressemble à aucun autre et s’imprime dans notre propre imaginaire avec une facilité un peu étrange. Il faut alors accepter, quand on quitte son univers poétique pour retourner au réel, le petit sourire qui flotte, à la limite de notre regard, et nous accompagnera toute la journée en ronronnant.

Il a illustré Noir Equateur pour les éditions de l’Arbre vengeur, participé à des dizaines d’expositions au Mexique, à Cuba, en France (dont une à Paris pour ses sculptures), a été publié dans la revue Sang d’encre en novembre 2009, il a été le maître d’oeuvre de la communication de Marionetissimo édition 2010, du Salon du livre et du vin de Balma (2010 encore) et est titulaire d’une bourse du CRL de midi Pyrénées pour un ouvrage à paraître prochainement. J’en oublie sans doute, mais c’est un homme secret...

Cécilia Colombo

Le site de Yoël Jimenez




















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« La mort de la littérature : plutôt crever, oui. » Nicolas Bernal