Ludovic
Boulard Le Fur
Rue des Promenades selon Loubard
Figure du mystère
(à propos du travail de Loubard)
Comment peut-on reconnaître l’existence
des paysages naturalistes après avoir erré
toute une nuit dans ceux de nos rêves.
Ghérasim Luca
Il y a des chemins que ce monde indigne de l’existence s’évertue à occulter ; les steppes de l’inconscient et du pré-natal, elles, font fi des où, des quand et des pourquoi qui encombrent la vie de leurs agitations névrotiques.
Là où émerge la promesse de cris redevenus sacrés, nouveaux et éternels. Là où s’écroule enfin la pornographie moderne du tout-voir et du tout-montrer. En somme, le lieu opaque où recommencent le mystère et la terreur sacrée, les friches de l’enfance jamais élaguées, de cette enfance que tout fascine, l’eau comme la pierre, le premier bout de bois venu et les poils que laissent les animaux là où le sang a coulé.
Alors s’élève la montagne hallucinée dont le masque de pierre dissimule le gigantesque faciès. Bois, poils, métal glacé...
Est-ce aux hommes de se coucher ventre à terre, ou bien ces titanesques engeances ont-elles besoin de ceux-ci comme les dieux d’Aristophane dépendent des oiseaux ?
S’il y a du sens dans cette ère nouvelle, après que tout s’est écroulé... ou avant que rien n’aie commencé à être consigné ? Mais qu’importe le sens et tout ce qui fait mine de rassurer puisqu’il nous suffit désormais de ne pas savoir, de ne pas dépouiller de son secret ce qui se cache en créant l’ombre.
Insupportable écrin de l’humilité, lorsque l’homme, les bras au ciel, apprend qu’il n’est plus seul, que ces édifices, pour terrifiant qu’ils soient, peuvent le dissimuler, lui permettre de recommencer à heurter son âme comme un gong aux résonances infinies. Là où les os indiquent les routes à suivre, là où il n’y a plus de routes, là où il n’y en a jamais eu.
Nu comme la direction de nos étangs internes devenus Monde...
Noir comme la nuit laissée à elle-même, débarrassée de ce qui la viole...
Coloré comme la peur enfin bénie par les hommes...
Nicolas Millet
Expositions personnelles :
Atelier Katalin Bereczki, printemps 2009, 75011 Paris
Vestibule de la Maison Rouge, été 2009, 75012 Paris
Édition :
Bazar no 52, éditions fltmstpc
Decapitron no 19, éditions Shoboshobo Books
Flyers et tee-shirt pour le label Cartilage Records
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rue des Promenades dont voici les
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« La mort de la littérature : plutôt crever, oui. » Nicolas Bernal