You cannot be serious, man (livre numérique)
Jérôme Karsenti
110 x 170 mm
5.00 euros
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— Oui, et sais-tu qu’il y a là-bas des terrains de
tennis à perte de vue ?
— Mais on est forcé à jouer, à regarder.
— Oui, mais c’est bon pour la santé.
— … et les excédents de raquettes de tennis sont
incinérés pour être transformés en virgules.
— D’éternels échanges sont programmés à la
télé.
— Ho, oui !
— Sais-tu qu’un arrêté international a interdit la
possession de balles chez soi ? Elles doivent être
ramenées dans les centres de loisirs qui se chargeront
de les pilonner. Mais à Roland-Garros, on
peut encore se promener avec.
— Ho, ce dont tu me parles me donne tellement
envie ! Oui, tous les deux, et on y vendra des frites
freaks et on ira voir des morts de fatigue sur le
central, ces champions sans gras.
Rebecca, obsédée par les frites, et John John, fan de tennis à la psyché instable, résident à la Sama, immeuble reconverti en asile pour champions à la retraite. Confits dans leurs obsessions, ils vont leur chemin dans un grand n’importe quoi, leur normalité. Au fil des pages, gare à la contamination. On pourrait bien finir par remplir le petit coupon-réponse, afin d'être informé du prochain emplacement de la baraque à frites qu’ils installent sur les courts de tennis. Au passage, on a croisé le personnel et les patiens de l’asile, on a vécu au rythme de leurs espoirs et de leurs drames, on a reconnu, dans l’organisation des vies, dans l’enlisement des relations, quelque chose de familier, le climat de nos folies minuscules et de nos attentes disproportionnées à ce que la réalité peut nous offrir, l’insoutenable légèreté de l’existence.
Jérôme Karsenti s’acharne depuis des années à trouver en lui l’indiscible, labourant, bandant ses forces. Au final, il trouve ici son expression, en prise multiple avec le monde, et, dans cette expression, une joie, qu’il communique.
Voici le teaser de You cannot be serious, man !
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« La mort de la littérature : plutôt crever, oui. » Nicolas Bernal