Cimetière des cadavres exquis

Ici gisent les exquis cadavres, confits dans l'html.
Les lire est un acte louable car il leur rend vie. Mais c’est aussi une activité ludique, gratuite et inutile. Bref, hautement recommandable.

201602 - impulsé par Gabriel Garcia Marquez

Quand ils se réveillèrent, le soleil était déjà haut ; ils restèrent stupéfaits, fascinés. Devant eux, au milieu des fougères et des palmiers, tout blanc de poussière dans la silencieuse lumière du matin, se dressait un énorme galion espagnol. Il penchait légèrement sur tribord et de sa mâture intacte pendaient les vestiges crasseux de sa voilure, entre les agrès fleuris d’orchidées.
Gabriel Garcia Marquez, Cent ans de solitude

Quand ils se réveillèrent, le soleil était déjà haut ; je décidai de boire d’abord un café serré et thé amer de chine orientale du cote de la grande muraille était irisée par le soleil du soir, et le chat a trop tiré sur la corde, qui s’est cassée et fragilisée par la chute vertigineuse qui S’avéra pourrie aa quel saint sze vouer et cependant, il lui fallu se reposer un peu et il décida de tenter sa chance

201023 - impulsé par Emile Ajar

Après, il a fallu qu’elle travaille. Elle m’a expliqué que c’était ce qu’on appelle chez eux une salle de doublage. Les gens sur l’écran ouvraient la bouche comme pour parler mais c’étaient les personnes dans la salle qui leur donnaient leurs voix. C’était comme chez les oiseaux, ils leur fourraient directement leurs voix dans le gosier. Quand c’était raté la première fois et que la voix n’entrait pas au bon moment, il fallait recommencer. Et c’est là que c’était beau à voir : tout se mettait à reculer. Les morts revenaient à la vie et reprenaient à reculons leur place dans la société. On appuyait sur un bouton, et tout s’éloignait. les voitures reculaient à l’envers et les chiens couraient à reculons et les maisons qui tombaient en poussière se ramassaient et se reconstruisaient d’un seul coup sous vos yeux. Les balles sortaient du corps, retournaient dans les mitraillettes et les tueurs se retiraient et sautaient par la fenêtre à reculons. Quand on vidait l’eau, elle se relevait et remontait dans le verre. Le sang qui coulait revenait chez lui dans le corps et il n’y avait plus trace de sang nulle part, la plaie se refermait. Un type qui avait craché reprenait son crachat dans la bouche. Les chevaux galopaient à reculons et un type qui était tombé du septième étage était récupéré et rentrait dans la fenêtre. C’était le monde à l’envers et c’était la plus belle chose que j’aie vue de ma putain de vie. A un moment, j’ai même vu Madame Rosa jeune et fraîche, avec toutes ses jambes et je l’ai fait reculer encore plus et elle est devenue encore plus jolie. J’en avais les larmes aux yeux.
Emile Ajar, La Vie devant soi

Après, il a fallu qu’elle travaille.
C’était un travail difficile qui consistait à astiquer des manches, tous les dimanche et plus.
Plus ’pétrole’ rime avec ’obole’, plus je m’affole.

201022 - impulsé par Paco Ignacio Taibo II

Les opinions étaient partagées. Enfin elles votèrent. Elles choisirent le point sept et envoyèrent le charbon au diable. Il n’y eut pas de compte-rendu du déroulement du vote.
Le point sept était quelque chose du genre : l’entreprise permettra qu’une ouvrière, deux heures par jour, tous les jours ouvrables, lise un livre à ses camarades, dans l’atelier, tout en continuant à recevoir son salaire normal ; l’entreprise fournira une chaise aux dimensions adaptées de façon qu’elle puisse lire à une certaine hauteur. Les livres seront choisis par les ouvrières elles-mêmes sans que l’entreprise intervienne dans ce choix.
Paco Ignacio Taibo II, Ces foutus Tropiques

Les opinions étaient partagées.
et les oignons étaient épluchés.
les moignons étaient rabotés

201021 - impulsé par Émile Zola

Mais au moment où la concierge s'éloignait, elle aperçut sur l'autre trottoir Gervaise, tenant Nana par la main. Elle relevait déjà la tête pour avertir le zingueur, lorsque la jeune femme lui ferma la bouche d'un geste énergique. Et, à demi-voix,afin de n'être pas entendue là-haut, elle dit sa crainte : elle redoutait, en se montrant tout d'un coup, de donner à son mari une secousse, qui le précipiterait. En quatre ans, elle était allée le chercher une seule fois à son travail. Ce jour-là, c'était la seconde fois. Elle ne pouvait pas assister à ça, son sang ne faisait qu'un tour, quand elle voyait son homme entre ciel et terre, à des endroits où les moineaux eux-mêmes ne se risquaient pas.
Émile Zola, L'Assomoir

Mais au moment où la concierge s’éloignait, elle aperçut sur l’autre trottoir Gervaise, tenant Nana par la main.
le chien
Nana, ma protection intime, pour le meilleur et le pire.
était sans doute le visage de Nana, sa physionomie, l’hébétude qui barrait son front.

201020 - impulsé par Louis René des Forêts

Tout ce que je désirais maintenant, c’était ne pas bouger et attendre que la nuit tombe. Regardant le ciel absolument bleu avec très peu de nuages blancs poussés par le vent et sentant à distance la chaleur du soleil sur le roc blanc, j’étais heureux comme vous l’êtes quand vous avez laissé derrière vous tout un tas de soucis domestiques et que vous êtes enfin en possession de quelque chose que vous aimez qui vous fait vous sentir bien et entièrement seul et étranger à tout ce qui revêt une si grande importance aux yeux des hommes.
Louis René des Forêts, Le Bavard

Tout ce que je désirais maintenant, c’était ne pas bouger et attendre que la nuit tombe.
Je remarquai alors que mes chaussures étaient détachées.
De toutes les facons, il en avait des biens plus jolies, et neuves.
Je croisais et recroisais les jambes, tournais mes chevilles pour les voir sous différents angles.

201019 - impulsé par Tony Hillerman

Il s’éclaircit la gorge. Abaissa le pare-soleil. D’un geste vif Janet rabattit celui qui se trouvait côté passager, s’aperçut qu’elle était trop petite pour qu’il la protège et sortit ses lunettes de soleil. Elle se disait que Chee n’était pas aussi prêt à en parler qu’il se l’imaginait.
- On va avoir un sacré coucher de soleil, remarqua-t-elle. Regarde au nord.
Au nord, au-dessus de Sleeping Ute Mountain au Colorado, au-dessus des monts Abajo en Utah, d’immenses fronts orageux approchaient de leur point de rupture vespéral. Leurs sommets, qui réfléchissaient directement le soleil, étaient blancs comme la neige et les longues flèches de cristaux de glace qui s’en échappaient semblaient miroiter. Mais aux niveaux inférieurs, la lumière qui les atteignait avait été filtrée par les nuages qui dominaient les Chuskas et parée de teintes rose pâle, rose foncé et rouge. Plus bas encore, l’éclairage insuffisant les pommelait de taches allant du bleu-gris pâle au bleu le plus foncé. Directement au-dessus d’eux, les traînées de cirrus d’altitude étaient enflammées par le coucher du soleil. La voiture s’enfonça dans le crépuscule ardent.
Tony Hillerman, Coyote attend

Il s’éclaircit la gorge.
Le son qui en sortit résonna comme un étrange gargouillis.
La vague envie de vomir ne l’avais pas quitté depuis le début de la chasse à l’ours.
Sans toutefois préciser qu’il ne serait pas armé, afin d’éviter tout conflit spéciste

201018 - impulsé par Tom Sharpe

C’est un intellectuel hagard qui se retrouva le lendemain dans le box des accusés. Lorsque Lord Broadmoor lui eut, pour la seconde fois, déclaré que la défense avait maintenant la parole, il se contenta d’une négation désespérée de la tête. Deux heures plus tard, le jury revint avec un verdict de culpabilité et le juge s’adressa à Yapp :
- Avez-vous quelque chose à dire avant que la sentence ne soit prononcée ?
Yapp hésita en oscillant dans le box. Il essayait de se souvenir de la déclaration qu’il avait si soigneusement préparée pour dénoncer le système social et l’exploitation capitaliste, mais ri en ne sortit.
- Je n’ai jamais tué personne de ma vie et je ne sais pas pourquoi je suis ici, se contenta-t-il de murmurer.
De tous ceux qui l’entendirent, Emmelia, incognito sous son chapeau et son voile, fut la seule à le croire. Lord Broadmoor, convaincu quant à lui du contraire, se livra à une série d’attaques au vitriol, tout à fait hors de propos, sur les dangers que présente l’éducation moderne pour les classes populaires, en prenant comme exemple les dépravations des professeurs et les manifestations des étudiants. Puis il condamna Yapp à la prison à vie et partit déguster un savoureux déjeuner.
Tom Sharpe, Quelle famille

C’est un intellectuel hagard qui se retrouva le lendemain dans le box des accusés.
Il était accusé à tord, ça c’est sur !
c’est sur qu’après ce repas mortel la famille de la jeune femme ne se relèvera plus
pour s’acquitter de sa tache
de naissance qu’il portait sur l’épaule droite , je pus le dénoncer pour l’atroce nuit passée

201017 - impulsé par Jim Thomson

J’ai passé le reste de la journée à confectionner des emballages de pièces détachées.
C’est probablement le travail le plus déplaisant qu’on puisse concevoir. Les emballages nous sont expédiés sous forme de cartons prédécoupés et aplatis. Il faut en prendre un, redresser les rabats et les côtés, et enduire de colle le rabat du fond. Puis on le met très vite en place, ce qui fait qu’on a de la colle jusqu’aux coudes, on pose des sacs de sable dessus et on met le carton à sécher par terre. Quand le rabat du fond tient bien, on enlève les sacs de sable, on applique de la colle sur une planche en bois dur qui doit être fixée sous le rabat du dessus, et on recommence la même opération. La caisse est alors terminée sauf qu’il manque la poignée. Les vis de la poignée, bien entendu, fendent généralement le bois dans la mesure ou vous avez placé la planche avec le grain du mauvais côté, et il faut recommencer.
Jim Thomson, Ici et maintenant

J’ai passé le reste de la journée à confectionner des emballages de pièces détachées.
J’ai nettoyé, lustré, poli et assemblé. Mes doigts sont usés.
Ils saignent tellement qu’il faut les enrouler dans une poupée...abandonnée
de tous, au fond d’un cabanon.

201016 - impulsé par Fred Vargas

Mais, ici comme ailleurs, il trouverait des types qui aimeraient le papier. Il avait découvert très jeune, en quittant les Pyrénées, que ces types existaient et il avait conçu pour eux un grand respect, un peu de tristesse et une formidable gratitude. Lui aimait essentiellement marcher, rêver et faire, et il savait que de nombreux collègues l’avaient considéré avec un peu de respect et beaucoup de tristesse. " Le papier, lui avait un jour expliqué un gars volubile, la rédaction, le procès-verbal, est à la naissance de toute Idée. Pas de papier, pas d’idée. Le verbe hisse l’idée comme l’humus hisse le petit pois. Un acte sans papier, et c’est un petit pois de plus qui meurt dans le monde. " Bien, il avait donc dû faire mourir des camions de petits pois depuis qu’il était flic. Mais il avait souvent senti émerger des pensées intrigantes à l’issue de ses déambulations. Pensées qui ressemblaient plus à des paquets d’algues qu’à des petits pois, sans doute, mais le végétal reste le végétal et l’idée reste l’idée, et nul ne vous demande une fois que vous l’avez énoncée si vous l’avez cueillie dans un champ labouré ou ramassée sur un bourbier.
Fred Vargas, Pars vite et reviens tard

Mais, ici comme ailleurs, il trouverait des types qui aimeraient le papier.
Un océan de papier, qui menaçait de devenir un cimetière de papiers.
Et pourtant il était loin du territoire de la guerre aux papiers de Ramuz.

201015 - impulsé par Louise Erdrich

Parfois les drogues, celles sur ordonnance je veux dire, ne font rien sur quelqu’un. Il y a des chagrins qui vont au delà de la dose prescrite à ne pas dépasser. Le rôle de Richard dans ce qui est arrivé à sa gamine était le genre de peine intouchable qu’on ne peut pas oublier en buvant, peu importe combien de temps et avec quelle énergie on s’y emploie. Je sais. J’ai ces peines-là moi aussi. Maintenant, en dessoûlant, Richard revenait sur son deuil une fois de plus et à chaque fois il se mettait à raconter la mauvaise tragédie, s’embrouillait complètement dans un autre scénario de mort et de perte, rejetait la faute sur une femme, repartait à pleurer. Et nous cinq à la maison qui essayions de rester sobres, on avait envie de boire un coup rien que pour ne pas entendre le bruit de ses sanglots d’homme, qui tard dans la nuit se transformait en un aboiement étranger, des mots dans une langue canine. Parfois, quand il se débattait, on aurait dit qu’une meute entière de chiens se trouvait dans la pièce, ouais, à gémir et discuter de ce que c’était d’être un chien et des conditions de vie dans la peau d’un chien.
Louise Erdrich, L’épouse Antilope

Parfois les drogues, celles sur ordonnance je veux dire, ne font rien sur quelqu’un.
Mais elles peuvent au contraire chatouiller la pointe du nez.
et puis , encore d’autres fois,on trempe son nez dans des substances illicites,
celles si sont agréables comme un nuage de poudre libre étalée sur un visage de femme fatiguée.
Pourtant elle ne s’arrête jamais de chercher le guérisseur Bernard d’Occitanie
inconnu au bataillon de ce côté là
une face cachée somme toute faite
il faut bien commencer un jour, un café et l’addiction merci.
Pendant ce temps là, les drogués dansent sur les ruines du bébé abandonné...

201014 - impulsé par Robert Walser

Une promenade étendue m’apporte mille pensées utiles, tandis que, enfermé à la maison, mon inspiration tarirait et je me dessécherais lamentablement. Pour moi, la promenade n’est pas seulement un moyen de me maintenir en bonne santé mais me sert aussi dans mon métier, elle est non seulement belle mais aussi nécessaire. Une promenade me fait avancer sur le plan professionnel, mais m’amuse en même temps sur le plan personnel, me console, me réjouit, me revigore, me fait plaisir, possède en même temps le pouvoir de me stimuler, de favoriser des créations futures, elle me met en présence de nombreux objets plus ou moins importants sur lesquels je peux ensuite travailler chez moi avec zèle. Chaque promenade est remplie de phénomènes qui méritent d’être vus et sentis. Lorsque je fais une agréable promenade, aussi petite soit-elle, je suis littéralement submergé de formes, de poèmes vivants, de choses attirantes, de toutes les beautés de la nature. J’étudie la flore, la faune, la région tout entière, leur charme et leur beauté présents aux yeux et aux sens du promeneur attentif qui, bien entendu, ne doit pas se promener en regardant devant lui, mais les yeux grands ouverts et détournés par rien d’autre, s’il veut saisir la beauté sensuelle et l’esprit généreux et noble de la promenade.
Robert Walser, La Promenade

Une promenade étendue m’apporte mille pensées utiles, tandis que, enfermé à la maison, mon inspiration tarirait et je me dessécherais lamentablement.
me dessécherait lamentablement dans mon grenier ou couraient les souris sur le vieux plancher
ce dernier craquait sous mes pas qui craquaient sous mon cerveau
qui lui même craquait comme une vieille frite belge abandonnée au bord d’un trottoir

201013 - impulsé par Henri Focillon

Quelle que soit la puissance réceptive et inventive de l’esprit, elle n’aboutit qu’à un tumulte intérieur sans le concours de la main. L’homme qui rêve peut accueillir des visions de paysages extraordinaires, de visages parfaitement beaux, mais rien ne saurait fixer ces visions sans support et sans substance, et la mémoire ne les enregistre qu’à peine, comme le souvenir d’un souvenir. Ce qui distingue le rêve de la réalité, c’est que l’homme qui songe ne peut engendrer un art : ses mains sommeillent. L’art se fait avec les mains. Elles sont l’instrument de la création, mais d’abord l’organe de la connaissance. Pour tout homme, je l’ai montré ; pour l’artiste, plus encore, et selon des voies particulières. C’est qu’il recommence toutes les expériences primitives : comme le Centaure, il tente les sources et les souffles. Tandis que nous recevons le contact avec passivité, il le recherche, il l’éprouve.
Henri Focillon, Vie des formes

Quelle que soit la puissance réceptive et inventive de l’esprit, elle n’aboutit qu’à un tumulte intérieur sans le concours de la main.
Gageons que l’inventeur de ce subtil appendice avait une furieuse envie de se gratter la tête.
Sans comprendre pourquoi, juste une obsession, une force irrésistible qui vous prend par la main
et par le pied

201012 - impulsé par Alexandre Vialatte

Desservez après, d'un seul coup. D'un revers de bras, jetez sur la table les perdreaux, les cerfs, les faisans, la bécasse, les sangliers, le hérisson. Réservez l'ennemi de la famille. Ajoutez du lard et du poivre. Deux truffes, sel, thym, laurier, trois bouteilles d'armagnac. Hachez menu. Cuisez au four dans des pots de terre. Mettez ce qui reste en saucisson. Profitez du temps de cuisson pour enterrer rapidement, dans le jardin, sous le lilas, l'ennemi de la famille. Pendez ensuite les saucissons aux poutres et mettez les pots sur l'armoire en plaçant les plus grands derrière, ils seront plus faciles à compter. Si par hasard vous avez oublié de réserver l'ennemi de la famille en jetant le gibier sur la table, ne recommencez pas à zéro, mais faites pour lui une petite prière quand vous mangerez les saucissons.
Alexandre Vialatte

Desservez après, d’un seul coup.
N’en perdez pas une goutte
de lait pour mélanger avec ses céréales
qui puent car le lait a tourné au vinaigre.Rajoutez une pincée de sel, c’est la touche en plus.
Touché tout au plus ,par la grâce de ton anus, virevoletant sous les plis de la couette- montagne.
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue
mon oeil tourne comme un tabouret en terre cuite
d’un rouge profond que n’aurait pas renié Haroun Tazieff. D’un coup, la méditerranée surgissait, là
où la moindre des silhouettes aurait apporté une plus-value des moins estimables qu’il soit.

201011 - impulsé par Rainer Maria Rilke

Il faut d’abord que vous sachiez que vos lettres me font toujours plaisir. Je vous demande simplement de l’indulgence pour les réponses. Elles vous laisseront peut-être souvent les mains vides, car, au fond, et précisément pour l’essentiel, nous sommes indiciblement seuls. Pour se conseiller, pour s’aider l’un l’autre, il faut bien des rencontres et des aboutissements. Toute une constellation d’évènements est nécessaire pour une seule réussite.
Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète

Il faut d’abord que vous sachiez que vos lettres me font toujours plaisir.
c’est toujours un moment particulier de tremper sa feuille dans la machine à écrire et vous répondre
Je m’en sert pour décorer mes murs
avec du choux
romanesco. J’écris une lettre dans ma tête, mais elle n’en sort jamais,
même pour aller aux toilettes. Effectivement, il ne voulait pas faillir à sa tâche.
Tel un jackson pollock de papier il périt en mer
myope comme je suis, mon cristallin fait son coquin.

201010 - impulsé par Paul Valéry

Il se lève. Il allume sa lampe. Il ressent toute la montée amère et claire de la pensée, la présence du réel bien nette et détachée sur le sommeil qui vient de finir, sur l’ombre qui entoure la table. Il va ouvrir au jour qui doit être déjà bien clair. Il bénit le jour de la fenêtre ouverte, aspire l’air, implore le principe, demande à la lumière de la lumière. L’abstraction, et l’amour.
Paul Valéry, Poèmes et PPA

Il se lève.
Une sacrée migraine le tient.
Il se retient de balancer violemment sa tête contre le mur. Il opte pour un cachet d’aspirine.
Avaler un médicament, c’est le même geste qu’en avaler dix
mais pas si tôt le matin. Non, plutôt profiter de la lumière lavée, en buvant un café.

201009 - impulsé par Charles-Albert Cingria

Peu après, naturellement, l’on remonte, et c’est bien désert, bien sauvage. Une autre route, à droite, monte moins, et je pourrais me tromper et la prendre, exactement comme fait le héros de ce roman chinois dont je ne me lasse pas et que j’ai emporté avec moi, et c’est dans un paysage et à une croisée de routes en tout semblables à ceux où je me trouve et à une époque qui peut être le Ve siècle de notre ère (mais rien n’a jamais changé dans ce qui constitue, dans certains sentiments et certains spectacles, l’archétype de la terre). Cependant la bicyclette, c’est un cheval. Donc il avançait ainsi, le héros de ce roman, dans un solitaire paysage, le cœur brûlant d’arriver. " Puis, sans le savoir, il se trompa de chemin. " Là, j’arrête. Non pour interrompre le récit qui est passionnant, mais pour admirer l’éternité de cette tournure d’un romanesque et de l’aventureux commun à tous les âges et à toutes les civilisations.
Charles-Albert Cingria, Tranche de route

Peu après, naturellement, l’on remonte, et c’est bien désert, bien sauvage.
Seuls dans les ténèbres,
dans le vent les éclairs au chocolat
que nous contemplions en bavant dans la devanture un peu vieillotte de la pâtisserie.

201008 - impulsé par Roland Barthes

Ecrire c'est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l'écrivain, par un dernier suspens, s'abstient de répondre. La réponse, c'est chacun de nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté; mais comme histoire, langage et liberté changent infiniment, la réponse du monde à l'écrivain est infinie : on ne cesse jamais de répondre à ce qui a été écrit hors de toute réponse : affirmés, puis mis en rivalité, puis remplacés, les sens passent, la question demeure.
Roland Barthes

Ecrire c’est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l’écrivain, par un dernier suspens, s’abstient de répondre.
De toutes les manières, ça ne sert à rien!
Décrire pour partager, parce que certains ont le coeur trop sec
comme un bon coup de saucisson sec dans la tronche!
..........Il a dit : s’abstient de répondre
à cette question qui lui trotait dans la tête depuis des siècles.
ils savent où ce cache le monstre du chateau noir de roumanie

201007 - impulsé par Italo Svevo

A peine marié moi-même, je la retrouvai dans mon entourage, son époux étant ami de mon beau-père. Nous eûmes souvent l’occasion de nous voir, mais pendant de longues années, autant que dura notre jeunesse, nous nous tînmes sur la plus grande réserve et ne fîmes jamais allusion au passé. L’autre jour, elle me demanda à brûle-pourpoint, et son visage encadré de cheveux gris se colorait d’une rougeur juvénile : - Pourquoi m’avez-vous quittée ? Pris de court, je n’eus pas le temps de fabriquer un mensonge. Aussi fus-je sincère : - Je ne sais plus… mais j’ignore tant d’autres choses de ma propre vie. - Moi, je regrette, dit-elle. (Et déjà je m’inclinais à cette promesse de compliment.) – Il me semble que vous devenez très drôle en vieillissant.
Italo Svevo, La Conscience de Zeno

A peine marié moi-même, je la retrouvai dans mon entourage, son époux étant ami de mon beau-père.
Ma belle-mère elle n’a pas eu cette chance
La partie était déjà jouée, mais mon beau-père n’en n’avait cure.
Se lancer coute que coute, c’était tout ce qu’il restait de possibilités.
Parions ! Le premier qui fumera paiera la somme convenue, et chacun reprendra sa liberté.
L’oiseau s’envolera et la pie chantera
dès lors que les premiers rayons du soleil exalteront leur douceur.
Je veux des bonbons, un mariage de douceur et de

201006 - impulsé par Antonio Tabucchi

Cette brèche s’est rouverte pour moi seulement maintenant, après tant d’années. Et c’est ainsi que je me suis mis à repenser aux choses jamais faites, il s’agit d’un bilan difficile mais nécessaire, qui peut parfois procurer une sorte de légèreté, comme un contentement enfantin et gratuit. Pour la même raison, avec le même contentement enfantin et gratuit, et comme par conséquent, je me suis mis à repenser aussi aux livres que je n’ai jamais écrits mais que je t’ai toutefois racontés avec la même minutie que celle avec laquelle nous ne fîmes pas le voyage à Samarkand. Le dernier que je n’ai pas écrit, qui est aussi le dernier que je t’ai raconté, s’appelait Cercando di te et avait pour sous-titre " Un mandala ". Le sous-titre se référait à la recherche du personnage, en ce sens que son parcours était concentrique, en spirale, et les personnages, comme tu le sais, n’étaient pas les miens, je les avais volés à un autre roman.
Antonio Tabucchi, Il se fait tard, de plus en plus tard – Livres jamais écrits, voyages jamais faits

Cette brèche s’est rouverte pour moi seulement maintenant, après tant d’années.
Tant d’années sur la brèche à cueillir les pêches
et les melons... La saison? On peux toujours rêver
rêver mais de quoi? rêver de rien, c’est toujours mieu que tout
, et surtout mieux que cette dernière fois navrante où tu n’as même pas
mal.

201005 - impulsé par Guy de Maupassant

Il s'assit, prit une plume, étala devant lui une feuille de papier, et attendit. Mme Forestier, restée debout, le regardait faire ses préparatifs ; puis elle atteignit une cigarette sur la cheminée et l'alluma : - Je ne puis pas travailler sans fumer, dit-elle, voyons, qu'allez-vous raconter ? Il leva la tête vers elle avec étonnement. - Mais je ne sais pas, moi, puisque je suis venu vous trouver pour ça. Elle reprit: - Oui, je vous arrangerai la chose. Je ferai la sauce, mais il me faut le plat. Il demeurait embarrassé ; enfin il prononça, avec hésitation: - Je voudrais raconter mon voyage depuis le commencement... Alors elle s'assit, en face de lui, de l'autre côté de la grande table, et, le regardant dans les yeux: - Eh bien, racontez-le-moi d'abord, pour moi toute seule, vous entendez, bien doucement, sans rien oublier et je choisirai ce qu'il faut prendre. Mais comme il ne savait pas par où commencer, elle se mit à l'interroger comme aurait fait un prêtre au confessionnal, posant des questions précises qui lui rappelaient des détails oubliés, des personnages rencontrés, des figures seulement aperçues. Quand elle l'eut contraint à parler ainsi pendant un petit quart d'heure, elle l'interrompit tout à coup : - Maintenant nous allons commencer. D'abord, nous supposons que vous adressez à un ami vos impressions, ce qui vous permet de dire un tas de bêtises, de faire des remarques de toute espèce, d'être naturel et drôle, si nous pouvons. Commencez: "Mon cher Henry, tu veux savoir ce que c'est que l'Algérie ; tu le sauras. Je vais t'envoyer, n'ayant rien à faire dans la petite case de boue sèche qui me sert d'habitation, une sorte de journal de ma vie, jour par jour, heure par heure Ce sera un peu vif, quelquefois, tant pis, tu n'es pas obligé de le montrer aux dames de ta connaissance... Elle s'interrompit pour rallumer sa cigarette éteinte ; et, aussitôt, le petit grincement criard de la plume d'oie sur le papier s'arrêta.
Guy de Maupassant, Bel Ami

Il s’assit, prit une plume, étala devant lui une feuille de papier, et attendit.
La lumière rasante du soleil couchant soulignait le grain épais du papier, vierge de toute écriture.
la moindre n’est pas la pire, en tout cas
ca commençait pas trop mal. Il aurait d’ailleurs pu continuer comme ça longtemps
... grand bien lui fasse ! Cette attente est trop terrible
mais pas trop quand même
alors que le roman avançait.
Toutefois, les litanies ne se déversent pas si facilement sur la feuille de papier et la plume ne
glissa pas sur le rouleau parcheminé
Il s’en empara, et fit un clin d’oeil à la Lune.
Ecrire, écrire, écrire quoi ? Une lettre ? se lancer dans un roman ?, Non, une autobiographie !
Mais ça ne venait pas ... la feuille resterait-elle vierge ? Cette constipation passagère

201004 - impulsé par John Fante

Maintenant je le savais, maintenant j’allais le faire. Je suis remonté là-haut en courant, avec la bouteille d’eau bénite, un idiot muni d’eau bénite, je le savais, je savais que j’étais idiot, mais je m’en moquais.
Je devais les avertir de mon arrivée. Je devais au moins les prévenir, ils avaient droit à ça.
J’ai gueulé : « Eau bénite ! »
John Fante, L’Orgie

Maintenant je le savais, maintenant j’allais le faire.
Donner tout ce que j’avais pour rendre ma vie absurde
: j’aimais un homme avec lequel je n’avais pas envie de coucher,
couchais avec un homme que je n’aimais pas et étais attirée par un homme
(que je pourrais aimer et avec lequel je pourrais coucher) mais déjà pris.
Pourquoi hésiter encore au moment décisif ?
Car c’est le moment choisi pour nourir des elucubrations a tout va, qui ne nous appartiennent pas.
Car la révolution commence à 15 heures.
Et après ? Après, c’était une autre histoire. Assurément, il me faudrait prendre une autre voie.
J’avais deux choix, me laisser aller, ou prendre le dessus, je decida

201003 - impulsé par Kateb Yacine

Le scandale prit une autre forme. M. Ricard supporta tout d'abord la beuverie de pied ferme ; mais la conjuration devait l'emporter ; il se saoula de lui même, lorsqu'il eut compris que c'était là l'unique défi qu'il pouvait relever avec une chance de victoire ; quelques-uns de ses entraîneurs avaient déjà roulé à ses pieds ; ce triomphe le grisa par surcroît. Sa joie dégénérait en agressivité ; il ne faisait que rire, mais la présidente du comité de la Croix-Rouge reçut plusieurs noyaux de dattes dans son corsage, et son bébé terrorisé se mit à mordre le tire-bouchon. Alors M. Ricard fut porté dans son lit, encore conscient mais incapable de surmonter l'impuissante fureur qui l'avait envahi dès le début du banquet. Il voyait bien que ses pires ennemis étaient là, qu'ils se payaient sa tête et souillaient à plaisir son repaire de vieux célibataire en train de rater son second mariage. Mais il se laissait habiller d'une vieille chemise trop courte. Et Suzy, réalisant que la nuit de noces n'aurait pas lieu, vidait un reste de champagne, sans qu'on pût deviner si c'était la joie ou le dépit qu'elle noyait ainsi sous les yeux de ses parents.
Kateb Yacine, Nedjma

Le scandale prit une autre forme.
Celle de la vilainie teintée de rage et de luxure, jouxtant un sentiment de
vacuité installa le désespoir dans toute l’assemblée.
C’est alors qu’une foule de personnalités s’enthousiasma et entonna des chants
révolutionnaires, qui sans pour autant être énervants, enthousiasmaient la foule.
On n’en trouva aucune trace.

201002 - impulsé par Ed McBain

Puis il gagna la salle de bain et brancha son rasoir électrique. Pendant qu'il se rasait, il se fit une idée plus nette et plus optimiste de la journée qui commençait. Il aimait répéter que c'était en se rasant qu'il avait eu ses meilleures idées, et il lui venait en effet des intuitions merveilleuses et originales - à ce qu'il lui semblait tout au moins - pendant que le rasoir courait sur ses joues. Une fois rasé, revêtu de sa chemise, de sa cravate et de son veston, après s'être versé un jus de fruit et fait du café à la cuisine, il eut une folle envie de retrouver son cabinet de Hall Avenue pour y mettre en oeuvre quelques-unes de ces idées de génie.
Ed McBain, Dix plus un

Puis il gagna la salle de bain et brancha son rasoir électrique.
Lentement, sobrement, il commença à se raser et
et surtout penser à autre chose, même tous les matins.
Intrigué par l’imperméable accroché au cintre, il s’approcha...
et le miroir se brisa en mille morceaux noirs.
le diable sourit sur tous les carreaux
de faïence présents dans les cuisines et salles de bain ancestrales.
Mais une lame de rasoir peut être très dangereuse maniée par qui souhaiterait du mal
à un humble passant ou dans le fond d’une ruelle isolée, plongée dans le noir et humant les déchets.
Un simple coupe-chou eût davantage fait l’affaire en ces jours de grève générale !
Mais le rêve... oups, pardon, la grève générale ne peut être faite sans se raser et
se faire beau pour
aller admirer le lever du soleil.
Mais se lèverait-il demain ? La terre poursuivrait-elle sa rotation ? Autant de questions ...
Il se posait des questions de toute sorte. Sa vie le tourmentait.
Souvenirs tronqués, espoirs déçus, illusions, sans cesse, mais rien ne change
si ce n’est la décence du silence au moment de l’habillage.
Pourtant l’effeuillage est un art ancestral et pratiqué par bon nombre de spécialistes.
Chacun d’entre eux étaient sans nul doute des références dans leur domaine respectif
dans la salle des pas perdus
dans une salle perdue.
mais bientôt retrouvée !
Mais est-ce la fin ?

201001 - impulsé par Jacques Réda

L’électricité fonctionne encore, puisque nous avançons. Mais qu’est-ce que ça prouve ? Nous absorbons peut-être la toute dernière onde du courant qui circule dans les câbles et peut s’interrompre d’un seul coup. On ne rencontre d’ailleurs jamais aucun train roulant en sens inverse. Telle est la situation. Je la trouve momentanément reposante.
Jacques Réda, Les Fins Fonds

L’électricité fonctionne encore, puisque nous avançons.
Tout est question de résistance, pour avancer et pour électriser,
Il n’y a rien de tel, qu’un bon baiser
langoureux, savoureux et goûtu peut
endommager sévèrement votre santé mentale. Aussi, veillez à
respecter le règlement intérieur, nous vous rappelons qu’il est interdit de cracher par terre
mais cela ne se fait pas dans une locomotive.
Je reste encore sous le charme de cette échappée romanesque à travers les plaines russes...
Cependant, la fée électricité avait beau avoir été inventée, elle n’en restait pas moins
heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage... Ou pas.
’Pas’ dirait Freud, qui n’aurait pas compris l’emprise actuelle de l’électricité sur le monde.
Car sans le monde, il n’était rien. Il voulait vivre, voir le monde sans que demain ne meurt jamais.
Pourtant, dans la nuit noire, on voit encore la lueur d’une bougie.
Soudain ils entendirent un bruit
dans la forêt noir enneigée ou se suivaient nos empruntes de pas
dans le neige blanche de la campagne
environnante et, à l’orée de celle-ci, un lampadaire bien commode qui sert
peut-être à transgresser les règles établies.
Etablies par qui ? nul ne le sait, mais ça n’empêche pas de les suivre.
Le plombier qui ne supporte pas d’être mouillé, et l’électricien qui ne supporte pas les illuminés.
Il faisait sombre, oui, mais nous avancions, main dans la main
alors que soudainement la lumière s’éteint et nous fûmes plongés dans le noir.
Cherche le bouton, chercher l’interrupteur qui rallumera son coeur.
Mais, l’étincelle suffira-t-elle pour que l’électricité soit remplacer par des panneaux solaires ?
Mais quelle idée ! Comment si les panneaux solaires étaient la réponse à tous nos maux ! Foutaises !
Qui a dit que les plantes s’agitaient au soleil ? Un rêve, un mensonge, une illusion
Pourtant, j’y crois encore. Et merde, la naïveté revient au galop. Mais l’espoir...
Que faire sans espoir? et que faire s’il y en a trop?
Jamais assez d’amour en tout cas
même si Jacques Réda ne voulait certainement pas avancer sur ce terrain là!

200953 - impulsé par Marcel Proust

Le 1er janvier me fut particulièrement douloureux cette année-là. Tout l'est sans doute, qui fait date ou anniversaire, quand on est malheureux. Mais si c'est par exemple d'avoir perdu un être cher, la souffrance consiste seulement dans une comparaison plus vive avec le passé. Il s'y ajoutait dans mon cas l'espoir informulé que Gilberte, ayant voulu me laisser l'initiative des premiers pas et constatant que je ne les avais pas faits, n'avait attendu que le prétexte du 1er janvier pour m'écrire : « Enfin, qu'y a-t-il ? Je suis folle de vous, venez que nous nous expliquions franchement, je ne puis pas vivre sans vous voir.» Dès les derniers jours de l'année cette lettre me parut probable. Elle ne l'était peut-être pas, mais, pour que nous la croyions telle, le désir, le besoin que nous en avons suffit.
Marcel Proust, A l'ombre des jeunes filles en fleurs

Le 1er janvier me fut particulièrement douloureux cette année-là.
Douleur prophète. J’ai vu des êtres s’effacer de ma vie et s’inscrire dans la mort cette année-là.
Dans ce cadre exquis du Havre, une longue procession avançait .
Et moi je restais là, enrobée dans ma peine. Pourquoi bouger ? Ici ou ailleurs, elle est la même.
La vie est une fête dit-on, mais une fête bien triste malheureusement.
Un malheur n’arrive jamais seul...
un ou plusieurs, c’est toujours comme ça, c’est embettant quand on pense

200952 - impulsé par Guy Debord

Les idées s’améliorent. Le sens des mots y participe. Le plagiat est nécessaire. Le progrès l’implique. Il serre de près la phrase d’un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l’idée juste.
Guy Debord, La Société du spectacle

Les idées s’améliorent.
Elles s’améliorent tant et si bien qu’il s’en faut de peu pour qu’à chaque fois elles régressent
, d’autres fois elles éclosent et embellissent
quand la brebis bêle
et le chien aboie. L’homme, lui, discute au café de
danse, on y chante, on y danse, on y
cause, on y confronte les idées.

200951 - impulsé par Cholem Aleikhem

Je suis un voyageur. Je suis par monts et par vaux pratiquement onze mois dans l’année ; en train le plus souvent, presque toujours en troisième classe, et, naturellement, à travers villes et bourgades juives, n’ayant strictement rien à faire dans des endroits ou les juifs ne peuvent résider.
Fichtre, quel champ d’observation que les voyages ! Dommage que je ne sois pas écrivain. Cela dit, à la réflexion, pourquoi ne pourrais-je pas y prétendre ? Qu’est-ce donc au juste qu’être écrivain ? Une chose à la portée de tout le monde. Qui plus est, en yiddish, en " jargon " comme on dit : la belle affaire ! on prend une plume et on écrit !
Cholem Aleikhem, Aïznban geshikhtes

Je suis un voyageur.
Un simple voyageur, maugréant au gré des terres, sans souci des frontières, amoureux des
paysages, des jours et des nuits, des recettes de vie et
de folie mais pas douce, tonitruante plutôt !
Cependant, c’est dans un train que l’on sent passer le temps. Un transibérien qui
aimait beaucoup voyager par monts et par veaux.
Un pistolet à gomme et des chews à eau je pense... voyageur perdu au
milieu d’un paysage ravageur
pouvant faire couler les larmes de voyageurs peu habitués à tant de force. Pourtant,
j’ai gardé la tête froide.
Un infatigable voyageur, un de ceux qui parcourent le monde, à la recherche d’étoiles, de diamants.
Un bonnet péruvien sur la tête, des boots d’esquimau au pieds, un cigarette indienne à la bouche, le
voyageur guette
le nazi qui sommeille en toi...
tandis que dehors les renards veillent et trépignent d’impatience.
Ils ne connaissaient pas encore les joies
de vivre, les joies d’amour et de paix. Il ne reste plus qu’un an avant
sur la route. Le train sifflait à l’approche de chaque tunnel,
plongeant ainsi dans le récit merveilleux des Contes macabres d’Edgar Allan Poe.
Voyage voyage plus loin que la nuit et le jour !

200950 - impulsé par Francis Ponge

Peler une pomme de terre bouillie de bonne qualité est un plaisir de choix.
Entre le gras du pouce et la pointe du couteau tenu par les autres doigts de la même main, l’on saisit – après l’avoir incisé – par l’une de ses lèvres ce rêche et fin papier que l’on tire à soi pour le détacher de la chair appétissante du tubercule.
L’opération facile laisse, quand on a réussi à la parfaire sans s’y reprendre à trop de fois, une impression de satisfaction indicible.
Francis Ponge, Pièces

Peler une pomme de terre bouillie de bonne qualité est un plaisir de choix.
Etant donné que je me fous complètement du football.
Au football comme en cuisine... Les patates chaudes sont à ne pas toucher des mains...
Ah, la patate brûlante qu’on se passse de génération en génération... selon les psy allumés...
Rue des Promenades c’est quand même vachement cool vous trouvez pas?
Je retourne mes poches...
Et voilà-t’y pas qu’il y avait mis toutes ses pommes de terre. Le cul-terreux !
Mangeurs de Pommes de Terre ! s’est écrié van Gogh.
Lautrec tant qu’on y est.... de la folie à foison les sapins,
toisons les lapins, et fricassons-les avec des pommes de terre.
pommes de terre au sol, deux tiers des saules se paument.
Pomme de pate à pain d’epice s’ecriait l’autre plouc...

200949 - impulsé par George Perec

Cette idée lui vint alors qu'il avait vingt ans. Ce fut d'abord une idée vague, une question qui se posait - que faire ? -, une réponse qui s’esquissait : rien. L'argent, le pouvoir, l'art, les femmes, n'intéressaient pas Bartlebooth. Ni la science, ni même le jeu. Tout au plus les cravates et les chevaux ou, si l'on préfère, imprécise mais palpitante sous ces illustrations futiles (encore que des milliers de personnes ordonnent efficacement leur vie autour de leur cravates et un nombre bien plus grand encore autour de leurs chevaux du dimanche), une certaine idée de la perfection.
George Perec, la Vie mode d'emploi

Cette idée lui vint alors qu’il avait vingt ans.
On a pas tous les jours 20 ans... Oui, je sais... C’était facile...
Mon oeil, facile pour les vaches, mais pour moin, pauvre humain qui
profite de l’embarras des autres
le touchait tant qu’il etait pret a se jetter a terre en criant toute sa timidité.
De toutes façons, on se moquait bien de Big Brother.
Pour un œil, les trois yeux;pour une dent, toute la Hure! avait-on coutume de répéter le 2 décembre.
Le lendemain matin, c’est décidé, il faudra arrêter de manger des lapins au ptit dej’.
La Reine Rouge et ses cornflakes, quelle horreur !
Je ne laisserai personne dire que deux fois dix font vingt... surtout en se levant.
Longtemps avait arpenté le fond de sa mémoire de bonne heure.
Il courut ventre à terre
de vers. A vingt ans tout de même,
il y avait des méduses géantes et des poulpes aux yeux de soie...
les funambules n’ont pas de bouche
Quoiqu’on puisse se demander si les réactions qu’elle suscitait ne lui sortaient point par le nez.
Mais à vingt ans, on est très sensible et le calme ne vient pas d’une tasse de thé.
Santé ! Toutes les filles sont folles... En voilà bien des façons, quand on a vingt ans.
Bien sûr, cela ne convenait guère au gardien de but à la retraite.

200948 - impulsé par Arundhati Roy

- Ce n’était pas un cauchemar, dit Ammu. C’était un rêve.
- Estha a cru que tu allais mourir.
- Tu avais l’air si triste, dit Estha.
- Au contraire, j’étais heureuse, dit Ammu, brusquement consciente du fait que c’était vrai.
- Si on est heureux pendant un rêve, Ammu, est-ce que ça compte ? demanda Estha.
- Qu’est-ce qui compte ?
- Le bonheur en rêve, est-ce qu’il compte, comme le vrai ? "

Arundhati Roy, Le Dieu des petits riens

- Ce n’était pas un cauchemar, dit Ammu.
cauchemar, dit Ammu. Et. vous trouvez ça amusant ?
S’amusera bien qui s’amusera le dernier...
à m’arracher l’impression d’hier
Hier ? Mais était-ce bien hier ? Je doute à présent d’un souvenir qui
s’émancipe soudain
car il réalise que, aujourd’hui, c’est son anniversaire, et qu’il va fêter ça
, on ira au zoo puis au ciné, ce sera un jour parfait.
Et puis il s’est mis à pleuvoir des chausettes usées, des soutiens-gorges
Belles comme des mappemondes.
Vous parlez d’un voyage ! Pendant ce temps, le Baron, imperturbable, scrutait l’horizon...
iraisonnablement. A droite puis à gauche, en haut en bas.. s’en était donc fini.
Est-ce dont ça le mot de la fin?

200947 - impulsé par Gustave Flaubert

Je vous avais promis (si vous vous en souvenez) de vous envoyer d’excellentes graines de navets. – Il est probable que cette promesse est sortie de votre mémoire, vu son importance ? N’importe, comme il y a près d’Elbeuf un pays nommé Martot, et renommé pour ce genre de légumes (que vous m’aviez dit aimer), je me suis mis en recherche, mais j’ai appris que 1° il était beaucoup trop tard pour semer des navets, 2° que Martot était en pleine décadence ! Hélas, oui ! Martot, tout comme Athènes et Babylone, a eu sa splendeur ! Mais c’est fini ! et le voyageur errant dans ses potagers contemple avec tristesse les tronçons de légume sans gloire, de pauvres navets rabougris. Soyons stoïques. Je suis cependant fâché de n’avoir pu vous envoyer un petit sac de graines. Cela vous aurait montré que je songe à vous, Princesse.

Je vous baise les deux mains et me mets à vos pieds.
Gustave Flaubert

Je vous avais promis (si vous vous en souvenez) de vous envoyer d’excellentes graines de navets.
Des graines de macarons, des graines d’amour, des graines de
rêves un peu fous pour faire germer les désirs oubliés
dans une poche de jean trouée, oubliés par manque de
Vous qui êtes tant friands de navets en France...
Et puis quoi encore ! Des navets? Plutôt crever non?
Plutôt rêver dirais-je... Je vous avais promis de
cesser toute forme d’esothérisme ainsi que de manger davantage de carottes pour être aimable.
Il ne s’en fallu pas plus pour que, outrer par de tels propos, Mme de Bovary craque
Quelle idée ! L’éducation sentimentale, elle s’en fichait bien comme de sa première chemise !
Cependant, le potager avait-il besoin de navets ?
Les navets, il faut le dire, n’avaient jamais été son fort. Elle préférait de loin les poireaux.
Mettons-en abyme la platitude des champs et creusons ensemble les sillons, afin que nous
nous retrouvions sur ce pont d’Avignon, à mille et une patte de
lapin qu’il gardait sur son coeur pour attirer la chance.

200946 - impulsé par Cioran

Je ne fais rien, c’est entendu. Mais je vois les heures passer – ce qui vaut mieux qu’essayer de les remplir.
Cioran, De l'inconvénient d'être né

Je ne fais rien, c’est entendu.
mis à part que je grignote des chips tout en me tripotant les miches
je la préfère rotie accompagnée de quelques chataîgnes
et de marrons dans ta sale tête de plomb
de mario bross ! Je fais tout , c’est entendu
tout le monde le sait bien, le matin, je ne vaux rien
si ce n’est à peine plus que deux cacahuètes endimanchées abandonnées dans un fond de pot
de fleur oublié dans la jungle,
dans les rues des grandes villes,
bref, un peu partout ou l’être hère, pauvre hère.
Mais un peu d’hère, ça fait toujours du bien.
Etendue dans un hamac, une citronnade à la main, il fallait écouter le vent dans les feuilles
qu’on faisait voler en courant, dans un grand bruit d’automne.

200945 - impulsé par G. B. Edwards

En réalité, on avait donné comme prétexte de leur venue l’inauguration de la statue de Victor Hugo. Victor Hugo était un Français célèbre qui avait vécu dans une grande maison à Hauteville ; mais c’était avant mon temps. Il écrivait des histoires et des livres de poésie en français ; je n’en ai lu aucun. Dans le temps, je voyais ses livres en vente dans la vitrine de Boots en haut de Smith Street, mais il n’y en a plus nulle part maintenant. La statue se dressait à Candie Grounds et elle provoquait bien des commentaires. Jusqu’à la dernière minute, certains disaient que ça n’aurait pas dû être autorisé. Personnellement, j’aime bien cette statue. Il est debout en haut d’un rocher avec la queue de sa redingote qui volète dans le vent, et il paraît presque vivant. L’ennui, c’est qu’au sommet des Jardins, il y avait une statue de la reine Victoria et tout ce qu’elle pouvait voir de Victor Hugo, c’était son derrière. Il semble qu’il ait dit des choses extrêmement mal élevées sur elle de son vivant et on pensait que les Français l’avait fait exprès pour asticoter les Anglais. En tout cas, toute cette agitation se calma après qu’on eut beaucoup écrit pour et contre, et la statue resta où elle était, sinon, il y aurait peut-être eu une guerre entre la France et l’Angleterre. Tout va bien maintenant, parce qu’ils ont bâti un pavillon entre la reine et le vieux Victor, et elle ne sera plus obligée de regarder son derrière pour le restant de ses jours.
G. B. Edwards, Sarnia

En réalité, on avait donné comme prétexte de leur venue l’inauguration de la statue de Victor Hugo.
Mais il n’était pas le seul au monde à avoir une statue
rien que pour soi au coin de la rue
des Promenades, où ils allaient se retrouver pour
entremêler tendrement leurs doigts et
leurs doigts de pieds, tout sales et tout collant de
métaplastique, elle défilait toutes les formes connues et supposées de l’auteur, beaucoup
trop d’amants, d’amours cachés, d’amour inavoué, mais que sais-je encore
De toutes façons, nous ne pouvions pas nous arreter sur ces détails, nous devions aller de l’avant.
Reculer de l’arrière conviendrait aussi mais pourrait poser problème pour un vieil îlien comme moi!
L’île de l’île! Qui ne connais pas? Moi? surement pas! Tout est si
imprévisible, et que faire alors?
Le mieux serait de manger un fruit ou bien partir vers l’ouest à sa recherche.
La chasse au trésor perdu
qui pouri là depuis des decénies... Quel bonheur de pouvoir
te dire que je t’aime autant que la porte de la cave lorsqu’elle s’effrite.

200944 - impulsé par Shirley Goldfarb

Il y a un arbre à Saint-Germain-des-Près. Je suis assise de l’autre côté de la rue, devant le plus adorable des arbres. C’est mon arbre. Et je prie pour que nous restions toujours face à face. Moi à ma table au Flore et mon bel arbre aux feuilles vertes de l’autre côté de la rue, devant chez Lipp.
Shirley Goldfarb, Carnets

Il y a un arbre à Saint-Germain-des-Près.
Cet arbre de bonheur, de malheur aussi, que j’aime et déteste à la fois car
c’est tout un symbole
du trépignement de la vie d’ici qui
entre dans la maison pour prendre sa veste.
Venu tout droit du pays où l’on arrive jamais,
c’est comme la grippe A, ca n’arrive jamais
mais ce n’est pas pour autant que l’on doit balayer d’un revers de main la possibilité de nuancer
les couleurs de l’arc en ciel qui se dessinait peu à peu
la rue se vide, la marmaille se retrouve derrière la digue et enchaîne les abrutisseries
de manière tout à fait naturel! C’était tout à fait son genre de
tronc tout dépouillé
feuilles mouillées, racines vérouillées, l’arbre pleure meurt, esseulé.
sans douleur, fleur fanée
de douleur; de bonheur, un amour passionnel qui envahissait tout
l’univer de ces quelques restes de
gateaux abandonnés pour les moineaux du quartier

200943 - impulsé par Antoine Blondin

En matière de bicyclette, la recherche du temps perdu exige de singulières vertus morales. Nous en venons presque à espérer que Thévenet ne sache plus dans quelle époque de la course il se trouve, afin que son passé et son passif soient brusquement abolis pour le laisser, rayonnant, au seuil de l'avenir quotidien. A la moitié d'une épreuve patiemment décantée, nous attendions enfin des attaquants positifs : il nous en surgit un de l'arrière, dans un fracas de chaîne superbement triturée.
Antoine Blondin, L'Equipe

En matière de bicyclette, la recherche du temps perdu exige de singulières vertus morales.
Rien à voir, mais vraiment rien du tout avec les fameuses vertus plantaires si communes dans nos
élogieuses contrées éloignées
comme des monticules de sucre
surmontés de plusieurs fraises géantes
finirent dans le gossier de l’ogre, qui
le dévora en une bouchée !
Ca y est , je suis repu! J’ai mangé autant que j’ai pu... Des
bicyclettes posées ci et là, jusqu’à n’en plus finir.
Et tout recommencer aussi sec !
Car enfin on pédale en même temps que court le temps, et si l’on ne veut pas se prendre pour Dieu...
Prendre pour Dieu le premier venu pour ne pas se retrouver seule.
Dans l’étendue de béton,
des passages piéton, ces milliers de feu de signalisation
, il explosa
et inonda son partenaire de tous les noms d’oiseaux possibles et imaginables. Il l’avait bien mérité
Nul ne parvient plus à éclaicir le débat sur cet étrange sujet
si mystique et voluptueux qu’il en devient orgasmique,
et nous trois déconnectés sur nos ordinateurs connectés...
à de singuliers échappatoires mentaux

200942 - impulsé par Henri Michaux

Je peux rarement voir quelqu’un sans le battre. D’autres préfèrent le monologue intérieur. Moi, non. J’aime mieux battre.
Henri Michaux, La Nuit remue

Je peux rarement voir quelqu’un sans le battre.
Cette phrase a été écrite par Henri Michaux à son époque...
il fallait bien y faire attention
,sans pour autant que le chien posé près de là
où dorment les vieilles chaussures moisies
que le propriétaire avait abandonné là depuis des années, mais pas de chaussettes !
Les chaussettes à clou, chantait l’autre. Est-ce qu’il y a aussi des veuves, chez les chaussettes à
doigts de pied, qui demandent bien plus de travail à la tricoteuse, mais tellement pratiques pour
battre les oeufs. Mais pour ce qu’elle voulait préparer il lui fallait bien plus
pour me décider à continuer
Du plat de la main, d’un coup de semelle, d’un coup d’ombrelle, il faut que je tape.
Il essayait tant bien que mal de se débattre mais voyant
qu’il n’en était pas un
petit rat des champs, mais un hamster qui courait aussi vite qu’il le pouvait
alors qu’il le savait pertinemment
, il fallait se resaisir
avant de prendre son courage à deux mains
ou plutôt à demain lui dit-il
, tu verras des choses encore plus merveilleuses
,encore plus savoureuses. C’est on ne peut plus exquis ma foi !
C’est la première fois et la dernière fois que je vends mon foie au diable.
Qu’une prière passe du mauvais côté, et c’est déjà trop tard.
Je la connus Ah merdemore
matamor et autres figures. Il faudra toutefois que j’en vienne à bout de
souffle je reprends ma respiration: une victoire de plus en poche.
Peut être l’avait t il perdu? Cette question fut
Avaient-il jamais rencontré ce sourire ? Jamais ! Que feraient-ils s’il le rencontraient un jour ?
Ou peut être jamais... quel dommage n’est ce pas?
Evident que je suis sadique ?

200941 - impulsé par Virginia Woolf

La bouffée de plaisir ! le plongeon ! C'est l'impression que cela lui avait toujours fait lorsque, avec un petit grincement des gonds, qu'elle entendait encore, elle ouvrait d'un coup les portes-fenêtres, à Bourton, et plongeait dans l'air du dehors.
Virginia Woolf, Mrs. Dalloway

La bouffée de plaisir.
La bouffée de désir qui va avec, et
soudain l’envie irrepréssible de l’embrasser m’emporte. Elle
respire trop bruyament, beaucoup trop, mais elle compense par
une grande dextérité dans l’art de tenir la raquette
en l’air et frapper ! Elle y pensait souvent en ** avec
une fougue me rappellant mes jeunes années. Et pourtant,
elle me faisait tourner la tête avec un art consommé de la giration.
A droite... A gauche... Ca tournait dans tous les sens ! On se demandait où ça allait nous mener, de
loin en loin, jusqu’à une esplanade d’où le regard embrassait l’horizon tout entier.




































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« La mort de la littérature : plutôt crever, oui. » Nicolas Bernal